Nouvelles mesures de protection de l'océan, un an après la conférence de Nice
Le gouvernement français a annoncé lundi de nouvelles aires de protection marine, ainsi qu'un plan d'action contre les déchets plastiques en mer, dans le cadre d'une conférence à Paris un an après la Conférence des Nations unies sur l'Océan de Nice.
Le gouvernement français a annoncé lundi de nouvelles aires de protection marine, ainsi qu'un plan d'action contre les déchets plastiques en mer, dans le cadre d'une conférence à Paris un an après la Conférence des Nations unies sur l'Océan de Nice.
"Je suis ravie d'annoncer aujourd'hui avec Catherine Chabaud (ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, ndlr) trois nouvelles zones de protection forte", a déclaré la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
Ces trois aires, situées en baie d'Audierne (Finistère), en Guadeloupe et dans les terres australes et antarctiques françaises, portent à 14,68% la part des eaux maritimes françaises placées en protection forte, un label interdisant ou limitant strictement des activités comme la pêche, l'extraction, le tourisme.
"Nous nous rapprochons ainsi fortement de l'objectif que nous nous sommes donnés à l'UNOC (la conférence des Nations unies sur les océans de juin 2025, ndlr), d'atteindre 14,8% d'ici la fin de cette année", a précisé la ministre.
Elle s'exprimait en ouverture du "Neptune Forum", qui se veut le "Davos de l'exploration de l'océan", organisé lundi au Jardin des Plantes à Paris, un an après la conférence des Nations unies sur les océans, à Nice. Celle-ci s'était conclue par la ratification par 50 pays du traité sur la haute mer (dit BBNJ), accord international destiné à mieux protéger les eaux internationales, soit la moitié de la planète.
"Aujourd'hui nous sommes à plus de 90" pays signataires, a salué l'ambassadeur français pour les océans et les pôles Olivier Poivre d'Arvor, lors du forum.
"Notre objectif (...) c'est de faire que le 11 janvier 2027, à New York, aux Nations Unies, lors de la première COP de l'océan, la COP de la haute mer, nous soyons plus de 120 pays autour de la table", a-t-il ajouté.
"Certes, certains pays ne ratifieront pas, je pense notamment aux Etats-Unis, la première zone exclusive économique. Mais c'est comme les réunions de copropriété, l'important c'est d'avoir le maximum de millièmes, et nous avons le maximum de millièmes à travers tous ceux qui ont déjà ratifié", a encore déclaré Olivier Poivre d'Arvor.
- Déchets plastiques -
Les ministres Monique Barbut et Catherine Chabaud ont par ailleurs présenté lundi le plan d'action intérministériel 2026-2030 pour la lutte contre les déchets plastiques, depuis les quais de la Seine à Paris.
Il vise à "lutter contre les déchets plastiques en mer (et) va structurer et coordonner l'ensemble des actions de l'Etat, de l'amont à l'aval", mais aussi "permettre de concentrer les moyens sur les enjeux principaux", est-il précisé dans le document ministériel.
Ce plan "consiste d'abord (...) à regarder comment on réduit mieux le plastique en amont, (...) mais aussi en travaillant sur des matériaux qui sont plus facilement recyclables, comme les matériaux biosourcés", a commenté Catherine Chabaud lors d'un discours.
Le commissaire européen à l'Océan, Costas Kadis, présent également, a insisté auprès de journalistes, en marge de ce lancement, sur la nécessaire collaboration entre les Etats, soulignant qu'"aucun pays ne peut, à lui seul, assurer la protection de nos océans".
En mars, la présidente de la Commission européenne avait annoncé le lancement d'une initiative européenne de surveillance et d'observation des océans, baptisée OceanEye, et appelé à la création d'une alliance internationale.
Outre-Atlantique en revanche, l'administration Trump a commencé à démanteler un réseau d'infrastructures utilisé pour étudier les environnements côtiers, les écosystèmes marins et les courants puissants qui influencent le climat mondial.
"En tant qu'Européens, nous sommes convaincus que l'observation des océans est essentielle à leur préservation et à une meilleure gestion, aux prévisions météorologiques (...), à la recherche et à l'innovation, et bien sûr, à la sécurité et à la défense", a encore dit le commissaire européen.